Epicondylite

 
 

epicondylite


Une inflammation des muscles s'insérant sur l'épicondyle.


Le traitement associe une période de repos (relatif) et deux soins à visée locale (AINS, Méso, Kiné).


Programmer un aménagement de l'activité ou une modification de la technique.


 
 

Anatomie.

Le groupe musculaire externe de la région du pli du coude comprend 4 muscles .

Le plus profond, le COURT SUPINATEUR exerce un rôle de supinateur (il agit en synergie avec le BICEPS qui est à la fois fléchisseur et supinateur). Les autres muscles, RADIAUX (1 et 2) et le LONG SUPINATEUR descendent dans la loge antérieure de l'avant-bras. Le premier radial (long extenseur radial du carpe) occupe la partie la plus latérale . Il prend son origine au-dessus de l'épicondyle pour se terminer sur le tubercule externe de la base du 2e métacarpien. Il est extenseur et abducteur de la main, tournant ainsi la face dorsale de la main en dehors. Le deuxième radial (court extenseur radial du carpe) prend son origine sur la face antérieure de l'épicondyle et sur la cloison qui le sépare de l'extenseur commun., pour se terminer sur l'apophyse styloïde de la base du 3e métacarpien. Il est extenseur direct de la main (sans inclinaison latérale) et se contracte synergiquement avec le 1er radial et le cubital postérieur.

Le plan superficiel de la loge postérieure de l'avant-bras est formé pour une partie par des muscles épicondyliens. L' ANCÔNÉ, muscle court, agit en synergie avec le triceps. Le CUBITAL POSTÉRIEUR s'insère sur la face postérieure de l'épicondyle par des fibres tendineuses (adhérant à la capsule articulaire). Le tendon terminal passe à la face dorsale du poignet pour se fixer sur le tubercule de la base du 5éme métacarpien. Il est extenseur et adducteur de la main. Il joue un rôle synergique des radiaux (extension), mais antagoniste du 1er radial (adducteur). L'EXTENSEUR COMMUN des doigts (le plus externe et le plus volumineux) s'étend de l'épicondyle aux quatres derniers doigts. Il étend simultanément les trois phalanges et l'ensemble du doigt sur le métacarpien.


Examen.

Les douleurs peuvent être localisées à la région épicondylienne ou irradier à la face postéro-externe de l'avant-bras. La mise en évidence de signes isométriques est indispensable pour porter le diagnostic d'épicondylite d'insertion. L'extension contrariée du poignet est toujours douloureuse, et la douleur augmente à mesure que le coude est davantage étendu. En revanche, la flexion du poignet est toujours indolore. L'extension contrariée des doigts est souvent douloureuse (résistance exercée au niveau du médius). La palpation s'effectue le coude fléchi à 90°. Examiner le rachis cervical (NCB).


Sport et activités.

Au total, les mouvements qui mettent en tension les muscles épicondyliens sont :

- la supination - l'extension de la main et des doigts - l'adduction et l'abduction de la main.


Les insertions de ces muscles seront d'autant plus sollicités que ces mouvements seront associés, sans parler d'autres facteurs microtraumatiques (répétitions, vibrations ).


Le tennis a donné le nom de "tennis-elbow". La raquette, sa tenue (la position du poignet), le centrage de la balle au moment de la frappe, la technique de frappe, sont autant de facteurs aggravants. Plus rarement, on peut trouver cette pathologie dans d'autres sports, comme la musculation avec des haltères courts (travail des biceps). En prévention, il faut s'appliquer à limiter les mouvements du poignet (proches de la position neutre), voir utiliser des bandes pour les maintenir.


Les gestes de la vie professionnelle sont également à surveiller : - tirer des tiroirs (assistant en pharmacie) - déplacements de la souris de l'ordinateur - la taille des haies (jardinage) - les actions de visser / dévisser, de taper au marteau (bricolage) .


Traitement.

Il faut impérativement associer une période de repos (relatif ou total) et deux traitements à visée locale ( gel AINS, mésothérapie, MTP et soins de kinésithérapie...). Le traitement efficace atténuera l'algie en 2 à 3 semaines. Les AINS par voie générale peuvent s'ajouter au début.

En cas d'effet insuffisant, l'infiltration locale de corticoïde (avec criblage du tendon commun des épicondyliens) se justifie, même si l'efficacité de la mésothérapie permet presque toujours d'éviter son recours.

Une période transitoire de rééducation (musculation analytique et étirements passifs) sera nécessaire avant la reprise progressive de l'activité. Il faudra programmer un aménagement de l'activité ou une modification de la technique pour qu'elle soit moins traumatisante.


En cas d'échec du traitement, il faut envisager les étiologies (assez rares) : - un syndrome canalaire (branche postérieure du nerf radial) - une douleur projetée de NCB - une maladie de la tête radiale - une surcharge métabolique - un foyer infectieux chronique

Il faut savoir penser à consulter le chirurgien, tout en sachant que l'évolution banale va vers la guérison en 6 à 18 mois.

L’épicondylite